En Kabylie, les femmes vivent de la terre mais n’en héritent pas.
Akal explore cette contradiction violente et silencieuse à travers les récits, les absences et les mythes qui habitent la montagne.
Entre dépossession et transmission, le film nous conduit sur les traces de celles qui ont trouvé chacune à sa façon, la manière de résister à l’effacement et de réinventer son lien à la terre.
Comment un territoire si profondément inscrit dans la vie et le quotidien des femmes peut-il leur être nié juridiquement, socialement, symboliquement ?
En Algérie, les questions d’héritage sont régies par le Code de la famille, lui-même inspiré de la Charia. En Kabylie, le droit coutumier vient se mêler à la loi, aux usages et aux histoires familiales. La terre devient alors bien plus qu’un bien à partager. Elle est celle que l’on travaille, celle qui nourrit, celle que l’on habite et qui relie aux générations qui nous ont précédées et celles qui viendront.
À travers plusieurs récits, Akal suit les traces de femmes pour qui cette terre est devenue un lieu de lutte, mais aussi de mémoire.
Il parle aussi de la place des femmes, de ce qu’on leur demande d’accepter et de ce qu’elles peuvent décider pour elles-mêmes envers et contre tout.
Née en 1982 à At Ferrache, un village de montagne en Kabylie, réalisatrice et photographe, Sonia At Qasi-Kessi vit et travaille à Bouzeguène, en Haute-Kabylie. Elle y photographie les activités pastorales, la vie paisible et rude des femmes et leurs tâches quotidiennes, qui sont aussi les siennes. Loin des mises en scène folkloriques et des représentations ethnicistes, ses clichés en noir et blanc témoignent de son environnement naturel et de la vie actuelle en Kabylie.
En 2019, elle réalise Nnuba, dans le cadre de l’atelier de création du film documentaire organisé par le Collectif Cinéma et Mémoire et Kaïna Cinéma, dirigé par Habiba Djahnine.
ÉCRITURE, IMAGE ET RÉALISATION Sonia Kessi PRODUCTION ET CONSEILS ARTISTIQUES Habiba Djahnine COPRODUIT PAR Collectif Cinéma Mémoire, Kaïna Cinéma, Amalgame (Alger), Allindì (Corse), Marangonu (Corse), Les Ménines (Marseille)
AVEC LE SOUTIEN DE AFAC – Arab Fund of Art and Culture, Bourse Échappée, Association Kaïna Cinéma, Crowdfunding organisé par La Fonderie, CIE Le plus petit espace possible et Kaïna Cinéma, Journal Féministe Algérien
Durée — 67’