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Gardarem lo Larzac, le bimestriel d’information du Larzac, est construit autour de cinq thèmes :

  • le Larzac aujourd’hui,
  • l’environnement,
  • le développement rural,
  • la solidarité nationale et internationale,
  • les débats d’idées.

Le comité de rédaction reste particulièrement vigilant quant à l’équilibre de ces différentes rubriques.

C’est ainsi que le lecteur passera de la dernière installation sur le plateau à un reportage chez les Sans-Terre du Brésil, d’une réflexion sur le tourisme vert à une étude de la situation en Palestine, du compte-rendu d’une opération anti-OGM à celui de la participation d’une délégation larzacienne au Forum Social Mondial de Porto Alegre.

La volonté de la rédaction est en effet d’être tout à fait engagée sur un territoire, tout en restant en permanence ouverte à d’autres problèmes, d’autres luttes, rarement traités par les « grands » médias.

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EDITO de juillet-août 2026 :

On crève de chaud !


Rarement une expression imagée devient aussi réelle. Oui, un peu partout dans le monde, « on » crève de chaud. On meurt. Et pas seulement dans les hôpitaux, dans les Ehpad ou seul dans son petit appartement surchauffé sous les toits de Paris, oublié par ses voisins. Non, à présent on meurt, on crève sur le bord des routes, au milieu des étangs, au travail ou sur la route des vacances. Contrairement à ce que l’on peut entendre ici ou là, le corps humain a ses limites. Il ne pourra pas s’adapter aux températures à venir.
Sur la terrasse d’un petit café de Nant, les membres du comité de rédaction de GLL tentent d’élaborer le sommaire de ce présent numéro. Le vacarme des canadairs et bombardiers d’eau qui enchaînent les aller et retour pour éteindre l’incendie qui menace le symbolique Roc Nantais nous laisse ébahis. Ensemble, nous essayons de définir nos impressions. « Épuisée » dit l’une. « À deux doigts de devenir violent » dit l’autre. « La fin du monde c’est maintenant » soupire le troisième. « Atterrées » disent les deux autres. « Atterrer », littéralement jeter à terre. Nous voici tous jetés contre Terre pour l’avoir si durement maltraitée. La crise climatique n’est plus une hypothèse, c’est une réalité que nous allons prendre en pleine tête. Elle était annoncée depuis si longtemps qu’il fallait être aveugle, sourd ou irrémédiablement fou pour ne pas tenter de l’enrayer. Fous, nous le sommes puisque rien ne change vraiment d’une crise à l’autre. Ce changement climatique, dont nous sommes les auteurs, oblige à un changement politique. Réel et inévitable si nous voulons continuer de respirer, travailler, chanter, aimer, danser, s’émerveiller, habiter une planète sur laquelle la vie est apparue miraculeusement il y a plus de 3,8 milliards d’années.
Il ne s’agit plus de bâtir des remparts, d’édifier des châteaux protecteurs en invoquant les dieux de l’innovation technologique salvatrice. Il s’agit plus urgemment d’ouvrir des passages dans les murs de notre ignorance et d’inventer d’autres manières de faire monde, d’autres « manières d’être vivant ». « Le monde n’est habitable pour nous que s’il l’est aussi pour les autres vivants, puisque nous ne sommes qu’un nœud de relation tissé aux autres formes de vie » écrit Baptiste Morizot. Et les autres vivants, ce sont ces arbres qui s’embrasent, ces insectes que l’on empoisonne, ces cours d’eau que l’on détourne, ces terres que l’on rend stériles, ces alouettes qui ne défient plus le ciel dans leur ascension musicienne. Est-ce que les oiseaux savent que les forêts se meurent ?
Dans cet enfer qui s’annonce, puisse le courage nous être donné de garder nos horizons et d’éviter toutes ses révoltes d’avenir que personne ne moissonnera. Puissions-nous enfin nous retrouver et « soulever le monde » pour le replacer sur son axe vital. Et humer à nouveau ce petit air frais qui vient du fond de ces temps pas si lointain où vivre était une respiration.

Solveig Letort

Des débuts...... à 2025