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Résistances citoyennes

En 1981 François Mitterrand, nouveau président de la République, annule le projet d’extension du camp militaire. Dès lors que la menace d’expropriation est levée, il faut vite installer de nouveaux agriculteurs sur les terres et bâtiments libérés. Mais qui va devenir propriétaire et gestionnaire des 6.000 hectares acquis par l’Etat ?
Ce n’est qu’en 1985, à la demande des Paysans, que ces terres, passées sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, sont définitivement confiées au Larzac par un bail emphytéotique de 60 ans renouvelable (création de la SCTL, Société Civile des Terres du Larzac, pour une gestion collective des terres).
Libérés de la menace foncière, les Paysans doivent ensuite s’organiser contre la mise en oeuvre des "quotas laitiers", afin de maintenir et d’assurer l’activité des petites exploitations (création du "comité Roquefort", qui deviendra plus tard le Syndicat des Producteurs de Lait de Brebis).
Et pour ne pas dépendre uniquement des circuits de vente établis, des paysans se regroupent pour assurer la vente directe de leurs produits (création du Groupement d’Intérêt Economique des Grands Causses). Dans la même logique, d’autres créent une coopérative fromagère (les Bergers du Larzac), d’autres encore s’organisent en un réseau des producteurs fermiers.
A partir de 1983, le Larzac, conscient d’avoir bénéficié durant toute la lutte de nombreux soutiens extérieurs, souhaite travailler en "retour de solidarité". Il crée la Fondation Larzac (devenue Larzac-Solidarités) et noue alors des contacts avec de nombreuses résistances populaires du Sud, notamment celle du peuple Kanak, en Nouvelle-Calédonie. A la même époque, il se mobilise aussi contre les euromissiles et la reprise des essais nucléaires (rassemblement de 1983 "pour le gel nucléaire").

Aujourd’hui le Larzac se retrouve aux premiers rangs de la résistance citoyenne à la globalisation libérale.

En 1999, il participe au "démontage" d’un Mac Donald’s en construction à Millau, pour protester contre les mesures de rétortion prises contre les exportations de roquefort par les Etats-Unis avec l’accord de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Quelques mois avant Seattle, il lance ainsi l’offensive contre la marchandisation du monde.
Depuis, il est de toutes les luttes contre la globalisation libérale (contre le nucléaire, contre les OGM, contre les méfaits de la mondialisation). C’est-à-dire pour le respect de l’être humain dans un environnement sain.

Afin de construire un monde de justice et de paix, des Larzaciens participent aussi bien aux manifestations internationales d’opposition aux grandes institutions du libéralisme que sont l’OMC, le FMI et la Banque Mondiale (Seattle 1999, Davos 2000 et 2001, Prague 2001, Cancùn 2003) qu’aux sommets internationaux de la société civile mondiale pour "d’autres mondes" (Porto Alegre 2001-2002-2003, Florence 2002, Paris 2003).
Au niveau national, il mobilise à plusieurs reprises l’ensemble du mouvement social par l’organisation de grands rassemblements (Millau 2000, Larzac 2003), calqués sur ceux organisés pendant la lutte contre l’extension du camp militaire, et qui illustrent l’évolution de son combat : d’une résistance locale ayant pour objet la terre, le Larzac est passé à une résistance globale ayant pour objet la Terre.